ANASTASE NGOY KAZEMBE, L’implication personnelle est le secret de notre réussite

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La nouvelle crise économique frappe le monde et certaines entreprises minières ainsi que quelques sous-traitants ont opté pour la fermeture, d’autres ont renvoyé les agents dans des congés techniques  ou économiques forcés pour diminuer le nombre d’agents, réduire les charges afin de pouvoir tenir sur le marché.

     Les entreprises de l’ex-Katanga n’étant pas exemptées, certaines trouvent des stratégies efficaces pour tenir pendant la crise et faire face à la concurrence.

Tel est le cas de Bras Security (Bras Sécurité), une société de gardiennage qui a marqué l’histoire comme pionnière au Katanga aujourd’hui présente dans d’autres pays de la sous-région, dirigée par un citoyen du pays et fils du coin monsieur Anastase Ngoy Kazemb qui nous a accordé cet entretien. Exclusif.

Athanase Ngoy Kazembe, vous êtes aujourd’hui l’un des pionniers de services de gardiennage de Lubumbashi.  Quelles étaient vos motivations pour créer cette entreprise ?

C’était à l’arrivée de Mzee Kabila lorsque tout le monde voulait être protégé. Je travaillais dans le domaine des statistiques et j’avais le souci de protéger les personnes et leurs biens grâce au service de gardiennage.

Quelle était la recette du départ parce ce qu’il y avait déjà d’autres services de ce genre dans la province dont la multinationale DSA ?

Suivre les moyens personnellement était la clé de ma réussite. C’est suite au meilleur rendement par la technique d’implication personnelle que nous avons gagner la confiance  et résister à la concurrence.

Bras Sécurity a vu le jour en 2001, qui ont été vos premiers clients?

 Dès le départ nous avions clients de moindre taille parce que des individus comme la famille Muteta, Mama Yohali et beaucoup d’autres. Grâce à la qualité de nos prestations, les premiers grands clients, des entreprises FINA Congo, Rwashi Mining et une autre je pense, nous firent confiance à partir de 2003.

On dirait que vous vous retrouvez actuellement dans toutes les entreprises des provinces de l’ex-Katanga. Qui sont vos grands clients aujourd’hui?

Nous avons une spécialité de contrôler les grandes surface et les grands risques ; c’est-à-dire que nos outils, notre logistique nous permettent de contrôler les surfaces à risques élevés.

     C’est ainsi que nous avons conclu un contrat avec la Police Nationale Congolaise (PNC) et nous avons des agents spécialisés qui gère la ”Division CANINE” dont des chiens sont élevés pour aider les gardiens à mieux sécuriser l’endroit indiqué comme ça se fait dans des pays avancés dans ce secteur dont la République d’Afrique du Sud.

Comment sont vos relations avec la PNC ?

Nous sommes partenaires. Le service de gardiennage n’est pas une armée ni une police et ne peut en aucun cas remplacer celles-ci car  il est non armé. Si l’agent est en face d’un petit voleur, il agit seul sans tabasser ni faire violence et il fait appelle à  la police ou l’amène vers l’officier de la police judiciaire (OPJ).

     Comme pour chaque entreprise de gardiennage, nous avons des OPJ légalement assermentés pour auditionner et établir les procès-verbaux (PV).

N’engagez vous que les nationaux ou vous recourez parfois à des expatriés? D’où viennent les agents travaillent chez Bras Security?

Nous sommes une grande entreprise composée essentiellement des nationaux et quelques expatriés, dans le strict respect du Code du travail de notre pays, repartis dans trois autres pays en plus de la République Démocratique du Congo : la Zambie, la Tanzanie et Zimbabwe.

Et quels sont le critère d’emploi?

Tout dépend d’un service à l’autre mais le niveau le plus recommandé c’est le jeune diplômé qui n’a pas travaillé dans l’armée ayant comme mission, comme passion de sécuriser intellectuellement, c’est-à-dire avec sa tête parce que c’est une sécurisation sans arme. Il doit être à même de mettre en pratique toutes les techniques lui permettant de contrôler si tout est  correct.

      Nous n’engageons pas  quelqu’un seulement parce qu’il est expatrié ou jeune mais parce qu’il est capable  de donner de bons résultats.     

Pour mener à bien le travail, tout agent est muni d’une radio portable lui permettant de fournir les informations à la centrale. Dans le cas contraire, c’est la station qui appelle pour avoir la position de l’agent.     

Donc, il faut avoir étudier un peu pour écrire et lire afin de communiquer facilement.

Je n’ai pas une femme dans la cour de Bras Security. Etant femme, je ne peux pas ne pas vouloir savoir si vous croyez ou pas dans les capacités de la femme dans le gardiennage?

Nos agents sont jeunes et les femmes en font partie, sauf que dans le nombre, il n y a pas d’égalité. Nous sommes partisan de Human Rigth Watch et notre partenaire étatique nous rappelle toujours que nous avons le rôle de protéger les femmes en premier car ce sont au départ des êtres fragiles.

     Le travail de gardiennage n’est pas facile et nous envoyons les femmes dans des milieux à moindre risque ; nous tenons à protéger les femmes et parmi nos principes, le premier est celui de défendre nos agents d’abord. Les femmes sont donc envoyées dans des endroits qui cadrent avec leur nature.

Parlons de la sécurité sociale. Avez-vous affilié vos agents à l’Institut National de la Sécurité Sociale (INSS) comme l’exige le Code du travail en RDC?

Ils sont non seulement affiliés à l’INSS mais aussi sécurisés socialement et sur le plan de l’Assurance. L’homme étant exposé dans l’exercice de ce genre de profession, il doit y avoir une assurance conforme aux risques qu’il affronte.

Depuis 2001 jusqu’à ce jour, l’entreprise doit nécessairement connaitre les cas de retraite. Qu’en est-il?

Oui nous en avons. Malheureusement ils refusent tous de prendre leur pension.

      Il y une liste de tous ceux qui devraient être retraités mais tous nous écrivent de lettre de réponse à la proposition de retraite pour signifier qu’ils ne veulent pas aller en retraite pour la simple cause qu’ils pensent être chassés de  l’entreprise.

‘’Cette technique s’appelle l’économie de communion qui repose sur la confiance des agents’’

Ils viennent de différentes entreprises qui ne garantissent pas la pension ou encore du néant. Une fois à l’âge de retraite, ils pensent que cela signifie pour eux la perte de leur travail. C’est un vrai cas social auquel nous faisons face.

      Nous traitons bien nos agents et cela fait partie de la cause de leur refus de prendre la pension. S’ils acceptent de prendre leur pension et qu’ils s’estiment en forme, nous leur proposons d’être des collaborateurs externes. Mais ils n’acceptent pas facilement cela.

En cette période de crise économique qui frappe vos clients et vous-même, comment vous faites pour consolider la position de l’entreprise?

La crise commence par frapper les entreprises et nous ne sommes pas épargnés. Mais comme on ne peut pas laisser sa maison s’écrouler à cause de la crise, la moindre chose qu’on peut c’est la protéger contre l’insécurité.

      Ainsi, notre technique managériale face aux deux crises déjà connues est celle d’écouter tous les agents en tant que partenaires car tout le monde compte et les idées de tous sont importantes. Cette technique s’appelle ”l’économie de communion” qui repose sur la confiance des agents.

      Chez nous,  même les femmes de ménage sont prises en considération comme des partenaires. Voila ce qui nous permet encore de tenir. 

      En plus, aucun agent n’est parti en congé économique ou forcé comme dans plusieurs autres entreprises.

Outre cette situation de crise, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans cette carrière de gardiennage ?

Le problème de la circulation d’argent entraine les retards de paiement face aux partenaires. Mais grâce à notre contrat avec la Trust Mechant Bank (TMB), nos agents sont toujours payés dans le délai. Nous écrivons des lettres accompagnées de factures des entreprises endettées, et la banque à son tour récupère son dû avec des intérêts aussitôt que nous sommes payés. Malgré ce manque, à gagner nous gardons notre discipline. C’est une difficulté quand on fait une affaire pour gagner des bénéfices mais nous nous mettons à la place des travailleurs qui sont des humains et parents comme nous. Nous devons les payer à temps.

L’entreprise aujourd’hui des succursales à l’extérieur du pays,  recevez-vous donc de l’aide externe?

Non, par contre c’est nous qui les offrons.

Il est vrai qu’actuellement les taxes font parler dans tous les secteurs économiques congolais. Cela ne vous décourage-t-il pas parfois?

C’est ma nation, ma maison etje me comporte comme tout fils de la maison qui n’a pas choisi de quels parents il devait naitre. Je suis patriote et j’ai demandé à tous les expatriés d’aimer ce pays et l’accepter comme leur seconde famille.

      Sinon la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) intervient toujours en cas d’exagération de taxation.

Quelles sont vos relations avec la presse ?

Je n’aime pas trop paraitre, je veux être dans la masse parce que pour moi ce sont les résultats qui comptent. Tous les diplômes de mérite qui m’entourent dans ce bureau prouvent que je suis connu et suivi par la presse malgré mon silence.

       Je fais avec vous un des rares entretiens à la presse parce que je respecte la presse, j’estime certains patrons de presse. Félicitations à Panthéon pour m’avoir pris du temps. je vous respecte.

Merci pour cette marque d’estime et de respect. Nous en sommes conscients. Vous êtes aussi le Président de l’association des entreprises de gardiennage de la ville de Lubumbashi. Comment sont vos relations avec d’autres entreprises, vos concurrents?

Excellentes avec les collègues d’autres entreprises avec lesquelles nous nous sommes regroupés pour bien partager sur nos problèmes et parler d’une même voie.

      Certains ne veulent pas ou hésitent encore de se joindre à nous, nous laissons faire le temps. Vous comprenez alors que le choix de la présidence n’était pas un jeu de hasard.

      Je remercie toux ceux qui m’ont fait confiance parce qu’ils savent que je ne ma fatigue pas pour défendre les intérêts du groupe.

Avez-vous un message particulier à passer à nos lecteurs qui seraient aussi vos potentiels clients.

L’homme étant créé à l’image de Dieu, et selon ma conviction, a pour mission d’accomplir la volonté de Dieu.

      Notre mission est celle de protéger les personnes et leurs biens, de les aimer et travailler pour le développement de notre pays en apportant notre pierre au grand défi de reconstruction nationale initiée par les dirigeants que Dieu a placés à la tête de la République Démocratique.

Propos recueillis par Pauline Malkia

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