Il racontait les mathématiques et l’informatique à l’Université. Joseph Kimenyembo Le Sorbonnard

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‘’République du Zaïre. MEDAILLE DU MERITE DES ARTS, SCIENCES ET LETTRES. BREVET N°143/S.A.L. Le Président-Fondateur du Mouvement Populaire de la Révolution et Président de la République, par décision en date du 24 Novembre 1976 a decerné LA MEDAILLE DE BRONZE DU MERITE DES ARTS, SCIENCES ET LETTRES au citoyen KIMENYEMBO MAFINGE (UNAZA/KINSHASA).’’

      A la première lecture aujourd’hui et compte tenu de l’histoire de la République Démocratique du Congo et, surtout, les habitudes entourant les récompenses sous la Deuxième République par le Mouvement Populaire de la Révolution, Parti-Etat, on prendrait ce message contenu sur le Brevet du Mérite remis par le Président-Fondateur au concerné à la légère et on classerait facilement le bénéficiaire parmi les cadres universitaires de la Mopap (Mobilisation et Propagande pour les actions du Parti). Ce ne serait pas commettre un crime de lèse-majesté.

      Mais quand on relit bien ledit message et cherche à connaître objectivement le récipiendaire et les motivations ayant poussé le Général-Major Mobutu Sese Seko à prendre pareille décision en pareille circonstance, al date du 24 Novembre ayant une forte symbolique pour son régime, on découvre sans passion qu’il avait plus que raison de reconnaître l’apport d’un shabien, ce qui n’était pas facile pour lui à l’époque, à la science et à l’enseignement universitaire.

      Détenteur d’un Certificat   d’homologation  des humanités scientifiques à l’institut saint Boniface (actuellement Kitumaini de Kamalondo à Lubumbashi) avec Mention ‘’Grand Fruit’’ en 1962 ; une licence en   Mathématique de l’Université Officielle du Congo  (UOC-Lubumbashi) obtenue en 1967 avec  Mention ‘’Distinction’’puisune Agrégation  de l’enseignement moyen du degré  supérieur UOC avec Mention ‘’Satisfaction’’;  un Diplôme  des Etudes  Approfondies  (DEA) en Statistique  Mathématiques, (Sorbonne- paris) avec Mention ‘’AB’’ (43points sur60) obtenu en

1970 puis un Doctorat en Mathématiques obtenu avec Mention ’’Très Honorable’’ à l’Université de Sorbonne –Paris, Jussieu et  Paris-France), le professeur Joseph Kimenyembo Mafinge méritait la reconnaissance de la République.

      Sans être une récompense à un militant dévoué du Part-Etat et loyal à son Guide, la Médaille du Mérite Civique le faisait entrer, encore vivant, dans le Panthéon

Carrière professionnelle

éloquente

des scientifiques immortels après avoir fait preuve de la maîtrise des mathématiques et des statistiques dans différents établissements universitaires du pays à l’époque comme le démontre son curriculum professionnel.

      Entre 1967-1969, il a été Assistant des mathématiques (UOC), Chargé de cours  de mathématiques, Candidature propédeutique (UOC), Professeur de géométrique en Polytechnique, Chargé  de cours  de statistique sen première Licence en Sciences économiques (UOC). Il prit un break entre  fin 1969 et mi 1973 pour se consacrer à la préparation  de sa thèse de Doctorat à Paris.

      De retour au pays à la mi 1973, il fut professeur à la Faculté  des Sciences, Département des  Mathématiques jusqu’à la mi 1979 à l’Université Nationale du Zaïre (UNAZA-Campus de Kinshasa).

Il presta aussi pendant la même période comme Professeur  visiteur à la Faculté des Sciences à Kisangani (UNAZA –CAMPUS  de Kisangani), à la Faculté des Sciences  Sociales  à Lubumbashi (UNAZA-Campus  de Lubumbashi), à la Faculté  de  Polytechnique  à Kinshasa (UNAZA-Campus de Kinshasa), à l’Institut Supérieur  Pédagogique (ISP) de Mbandaka, à l’IPN –Binza de        Kinshasa, à l’ISTA (institut  des Sciences  et Technique  de l’Informatique Appliquée) de Kinshasa, à l’ISTI (institut des Sciences  et Techniques de l’Information) de Kinshasa.

      De 1975 à 1977, il fut nommé Vice-Doyen chargé de la Recherche  à la Faculté des Sciences à l’UNAZA –campus de Kinshasa. Et c’est pendant cette période qu’il li fut décerné la Médaille par la haute autorité du pays pour sa contribution à la science et à la culture à travers l’éducation des jeunes universitaires dont beaucoup sont des cadres servant la nation de plusieurs manières aujourd’hui.

Il racontait les mathématiques

Sans rompre avec la craie et le bruit des auditoire, et tenté par une autre expérience en dehors des milieux universitaires, il intégra la Gécamines en 1979 jusqu’à sa mort.

D’Avril 1979 à Octobre 1985, il y travailla comme Analyste  au Département  de l’Informatique. A partir du 21 Octobre 1985 jusqu’à la fin de ses jours sur la terre, il était Chef de Service Principal  au Service  du Centre  de la Documentation  (CID).

      Malgré son emploi de temps surchargé dès la moitié de 1979 comme professeur  à temps partiel  dans          plusieurs  Facultés (sciences économiques, sciences sociales, polytechnique) de l’Université de Lubumbashi, professeur à temps partiel à l’ISTM /UNILU (Institut      Supérieur  de Technique médicales) en plus de ses     fonctions à la Gécamines, il eut le temps d’étudier encore jusqu’à obtenir en 1996 un Certificat de Technicien en Mathématiques et en Informatique Documentaire (INFODOC) à l’Institut Panafricain pour  le développement  en Afrique Centrale  Francophone avec la Mention ‘’Distinction’’.

      Au soir de sa vie, ce rat des mathématiques et de l’informatique mordu de la science méritait mieux que le Bronze pour ce qu’il avait apporté à Lubumbashi, au Katanga, à la République Démocratique du Congo, à l’Afrique et au monde. Car, pour la Sorbonne il était ‘’Honoré Docteur’’, pour le Gouvernement de son pays un ‘’Honorable Dignitaire d’Etat’’, pour les Universités    le ‘’Professeur Docteur’’ comme disent les lushois,      pour la Gécamines un ‘’Excellent Cadre’’, pour les          lushois qu’il réconfortait par sa simplicité et sa chaleur ‘’Baba Mwalilu’’.

      Cependant, plusieurs milliers d’étudiants qui l’ont connu, et surtout le prenaient pour leur père comme ils échouaient rarement dans ses cours, ne semblent pas prêts à oublier la facilité de transmission, la maîtrise    des données et l’ambiance avec laquelle ‘’Papa Kime racontait les mathématiques et les statistiques comme un ancien raconte aux enfants des histoires atour du feu le soir avec maîtrise, animation et humour.’’

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